Covoiturage




Mardi soir, acteurs, figurants, costumières, maquilleuses... Tous les bénévoles couraient en tous sens. Ce soir-là, c'était répétition générale ! « Surtout, n'oubliez pas d'enlever vos lunettes », lance Christophe Rouxel, le metteur en scène. Puis il précise : « Aujourd'hui on réalise le spectacle dans les conditions réelles de demain soir. » Alors, attention, concentration. « C'est l'occasion ou jamais de régler les dernières scènes, se confronter aux problèmes du décor, du son, des lumières... Enfin bref, d'encaisser tous les mauvais coups pour que la première soit un succès. » Bon. Et bien bonne chance...
« Ouvrez-vous aux spectateurs »
Dans l'atmosphère plane un sentiment de stress mêlé d'excitation. « Il me faut tout le monde, réclame soudain Christophe Rouxel, afin de peaufiner la dernière scène de la première partie. » Pas un instant, il ne quitte les acteurs des yeux, intervenant parfois pour les replacer ou leur donner d'ultimes conseils : « Ne restez pas fermés, ouvrez-vous aux spectateurs. »
Plus que cinq minutes avant le début officiel de la répétition générale. Il est 22 h 05. Puis... « Allez, Benjamin, c'est parti ! » Alors la musique inonde la carrière. Les 110 acteurs sont en place pour le prologue. Lorsque les spectateurs se placeront dans les gradins, ils seront directement plongés dans l'univers du village de Gheel. Mais ce soir, sur la scène, on peut encore apercevoir quelques intrus : ici une maquilleuse, là une costumière.
Pour l'instant on entend la voix du narrateur qui déroule l'intrigue. Tout le long du spectacle, il guide les spectateurs. « Vous m'attendiez ? Bienvenue dans la ville des fous, ça commence ! »
Un rideau capricieux refuse de s'ouvrir
Le décor est fabuleux. Chaque scène est colorée par des sons et lumières différents. On se laisse aller. Absorbé. Le spectacle, en deux parties, raconte l'histoire dramatiquement humaine des habitants de Gheel. On suit les aventures des personnages principaux avec une certaine impatience. On s'ébahit devant la mise en scène et l'utilisation de l'espace.
On applaudit tout le travail réalisé. Quand, soudain, aïe, un petit accident technique rompt le charme de l'instant. La faute à un rideau capricieux qui refuse de s'ouvrir. Le visage du metteur en scène, qui mastique inlassablement un chewing-gum, demeure imperturbable. Mais grave. On sent sa tension. Enfin, l'incident est vite réglé et n'a pas empêché les comédiens de continuer à jouer. « Ca sert à ça les répétitions générales, à voir toutes les imperfections », répète Christophe Rouxel.
La douce rêverie reprend. Jusqu'à une voix qui annonce dans le micro : « Quinze minutes d'entracte. Pour ceux qui le souhaitent, il y a des sandwichs en haut. » Le spectacle s'arrête net. Avant de reprendre pile poile un quart d'heure après. Demain (hier, NDLR), ce sera la première. Et cette fois, ce seront les spectateurs qui feront les commentaires.
Sterenn DUIGOU.
Pratique. Gheel, la ville des fous, à Fégréac, carrière du Bellion, du 23 juillet au 9 août, du mercredi au samedi, à 22 h, durée 2 h 45 avec entracte. Tarifs : 10 € à 17 €. Restauration sur place dès 20 h.