













Vers 18 h, des représentants de différents syndicats ont rencontré le sous-préfet de Redon, tandis que les manifestants défilaient en ville. Dans un coin, Franck, Thierry, Laurent, Jean-Jacques discutent. Mais le moral n'est pas là : « On nous prend quand on a besoin de nous, puis on nous jette », s'indigne Franck, intérimaire depuis neuf ans. « Faurecia nous a abandonnés », ajoute Jean-Jacques.
Un repreneur ?« On n'y croit pas »
Bien sûr, les salariés surveillent de près le projet des élus de trouver un repreneur au site. « Mais on n'y croit pas, rétorque Jean-François, 40 ans de boîte. L'usine est trop mal placée. C'est une idée lancée pour nous endormir. » Des élus pourraient éventuellement le rassurer. Mais aucun, du moins dans la majorité municipale, n'est présent.
De son côté, Lilian Brunet, délégué syndical CGT de l'usine, tient aussi à rappeler que « Faurecia est le principal responsable. C'est eux qui ont décidé la fermeture. C'est à eux de nous retrouver du travail. Surtout que les chiffres de Renault et PSA sont parus : l'automobile n'est pas en crise. » Un propos que nuance son collègue de la CFDT, Yves Divet : « C'est paradoxal, car les constructeurs ont effectivement continué à engranger des bénéfices, mais en grosse partie à l'extérieur de la France, dans les pays émergents. C'est aussi ça le problème : toujours vouloir faire à l'extérieur du territoire à moindre coût. »
Des usinesdans les Pays de l'Est
Jean-François opine du chef : « L'année dernière, Faurecia a déjà fermé l'usine d'Étampes. Cette année ici. L'an prochain, ce sera ailleurs. Par contre, ils ouvrent des usines dans les Pays de l'Est, au Maroc, au Mexique. Forcément, le marché est à l'Est aujourd'hui. Ils ne vont donc pas nous faire fabriquer des sièges à Redon pour les emmener en Russie, voilà leur logique ! »
Vers 18 h, des représentants de différents syndicats ont rencontré le sous-préfet, tandis que les manifestants défilaient en ville. Philippe Malizard a rappelé que la désignation d'un coordinateur basé à la Médéfi (Maison de l'emploi, du développement, de la formation et de l'insertion) devrait permettre de suivre ce dossier plus localement. Il a, au passage, annoncé son départ imminent de la sous-préfecture de Redon, même si rien n'est encore officiel.
« Lui non plus n'est pas optimiste sur l'automobile », glisse Yves Divet. Oui, rien pour rassurer vraiment : « De toute façon, j'ai déjà pris les devants, prévient Franck. Je cherche du boulot ailleurs. » « Mais moi, en 2011, j'aurai 52 ans, soupire Jean-Jacques. Alors pour retrouver du travail... » Triste, pesant mardi.
Yann-Armel HUET.