Airbus : la filialisation en marche
La direction a confirmé hier le processus de filialisation des usines de Saint-Nazaire et Méaulte. Les syndicats ont demandé « toutes les garanties ».
A l'ordre du jour du comité d'entreprise d'Airbus, hier mardi à l'usine de Méaulte, dans la Somme : le projet de filialisation des deux usines Airbus de Saint-Nazaire ville et de Méaulte.
Deux sites que le constructeur aéronautique prévoyait en effet, à l'origine, de céder à Latécoère, dans le cadre de son plan d'économies Power 8. Mais les discussions avaient cessé en mai, EADS préférant finalement une solution de filialisation. Ce processus se poursuit. C'est ce qu'il ressort de la réunion de CE d'hier où les syndicats FO, CGC, CFTC et CFDT ont demandé « toutes les garanties » sur ce projet.
Force ouvrière, majoritaire au CE a mis en garde la direction : « Il ne faut pas aller vite et faire le remake de la précipitation d'il y a un an et demi [...]. Répondez à toutes nos questions sur le plan économique, industriel, financier, de l'emploi ». « Le projet entre dans sa phase active, a indiqué hier le Nazairien Yvonnick Dreno, de Force ouvrière. Nous avons demandé trois choses : le traitement en parallèle avec l'Allemagne, la désignation d'un expert : et la confirmation de la promesse de Louis Gallois, le PDG, quant au libre choix des personnels de Saint-Nazaire ville ». FO estime ne pas avoir la certitude que les 460 salariés concernés auront bien la possibilité d'opter pour une mutation interne vers le site de Gron et compte bien peser dans les discussions à venir.
« On est les seuls à avoir fait une déclaration (..) pour dire qu'on était contre cette filialisation », a déploré quant à elle la CGT, par la voix de Patrice Pays. « Pour nous, la filialisation n'est qu'une étape transitoire pour vendre dans les deux ou trois ans suivant la création de la société », baptisée pour l'instant en interne Newco, pour New Company (nouvelle compagnie).
Le calendrier des prochaines rencontres paritaires a été établi. Le comité de groupe européen du 9 septembre prochain est d'ores et déjà considéré comme un rendez-vous très important.
Jean DELAVAUD.
Ouest-France