Gheel, la ville des fous




Conseillère régionale, Alix de la Bretesche a décidé de quitter l'UDF pour rejoindre le Nouveau Centre. Alix de la Bretesche, ancienne conseillère municipale d'opposition à Rennes et numéro 2 de la liste de Loïck Le Brun en 2001, va changer de famille politique. Comptant parmi les « historiques » de l'UDF en Bretagne, la présidente du conseil d'administration de l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (Ancsec) rend sa carte du parti pour rejoindre le Nouveau Centre.
Il n'y a donc pas qu'à l'UMP où les adhérents s'interrogent. Suivant le chemin emprunté par quelques anciens de l'UMP, dont Loïck Le Brun, et de l'UDF, Alix de la Bretesche veut participer à la construction d'un nouveau grand courant de centre droit.
Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre le Nouveau Centre ?
Je suis membre de l'UDF depuis 1978 mais je ne me reconnais pas dans le MoDem. Je me réclame du centre droit social, régionaliste et européen. C'est d'ailleurs ce qui me différencie de l'UMP qui n'est qu'un habillage de l'ancien RPR. J'étais convaincue que le centre ne prendrait pas dans l'UMP. J'en veux à Pierre Méhaignerie d'avoir entraîné ses troupes dans ce parti. Un très mauvais choix pour la Bretagne. Le glissement à gauche de la région est dû à cet abandon du centre par nos grands leaders.
Vous avez soutenu François Bayrou au premier tour de la présidentielle. Mais, depuis, vous avez pris vos distances...
J'ai, dans un premier temps, apprécié la campagne de François Bayrou avant d'être déboussolée entre les deux tours. J'aurais admis qu'il ne fasse aucun choix entre les deux finalistes, mais le « tout sauf Sarko », puis le débat avec Ségolène Royal, non merci ! Cette stratégie a fini par dérouter l'électorat traditionnel de l'UDF, très ancré dans nos régions.
Nous avons toujours eu une alliance claire avec la droite. De plus, il est très difficile de travailler avec François Bayrou, très centré sur lui-même et pas vraiment démocrate. Il n'est pas intéressé par la vie du parti, notamment ce qui se passe dans les régions.
Les municipales ont achevé de vous convaincre ?
Ce fut la cerise sur le gâteau avec des accords à géométrie variable. On n'y comprend plus rien. La seule certitude, c'est qu'une liste MoDem seule ne dépasse pas les 13 %. Comment espérer dans ces conditions accéder aux responsabilités ? Je ne peux pas rester dans un parti qui n'a pas vocation à gouverner. Le regard extérieur et les leçons, cela va cinq minutes. Ce n'est ni courageux, ni constructif. Il faut, au contraire, faire émerger les talents. L'UDF, au moins, avait un sens. Il y a quelques années, ce parti comptait 223 parlementaires. Aujourd'hui, le MoDem compte trois députés...
Qu'attendez-vous du Nouveau Centre ?
Déjà, je vais quitter à regret le groupe UDF du conseil régional, car je n'y compte que des amis. Au Nouveau Centre, on va retrouver tous ceux qui n'ont pas changé de socle de valeurs : clairement dans la majorité gouvernementale, mais avec une liberté de parole. Je n'ai finalement pas l'impression de changer de famille puisque je vais retrouver Loïck Le Brun, Marie-Hélène Daucé, Michèle Payen et peut-être demain Thierry Benoit. Je compte prendre des responsabilités dans ce parti.
Vous étiez numéro 2 de la liste de Loïck Le Brun en 2001. Qu'avez-vous pensé de la stratégie de la droite rennaise lors des dernières élections ?
J'ai trouvé cela lamentable. On avait, avec Loïck Le Brun, un bon candidat qui avait travaillé pendant six ans. On était en ordre de marche. À l'arrivée, c'est un énorme gâchis. C'est pathétique de devoir repartir de zéro par la faute de leaders départementaux de l'UMP qui ne s'intéressent pas à Rennes et qui n'y viennent jamais. Ils se fondent uniquement sur des critères nationaux.
Et qu'avez-vous pensé de la candidature de Caroline Ollivro (MoDem) ?
Déjà, je trouvais normal qu'une liste se présente au premier tour dans une ville où François Bayrou avait fait 22 % à la présidentielle. J'ai, par la suite, regretté le discours tenu par les gens du MoDem avec une volonté de faire table rase du passé. J'ai eu l'impression qu'ils inventaient la lune. L'autonomie d'accord, mais le « jusqu'au-boutisme » non !
Recueilli par
Édouard REIS-CARONA.
Frédéric Denoual, délégué départemental du Nouveau Centre, vient de démissionner pour « convenances personnelles et professionnelles ». L'intérim de la fonction est assuré par Vincent Pavis. Le congrès fondateur du parti aura lieu les 16 et 17 mai à Nîmes. Loïck Le Brun devrait normalement être amené à prendre la direction de l'Ille-et-Vilaine.