Le découpage administratif vieux de 220 ans apparaît obsolète et inadapté aux pratiques et aux besoins d'aujourd'hui, dîtes-vous. Mais les tentatives pour affirmer progressivement la nécessité de l'unité administrative du Pays de Redon ne datent pas d'hier ? Non. Et cela dure depuis près de 50 ans, comme en témoigne la création d'un centre culturel et d'un syndicat d'initiatives en 1966, d'une jeune chambre économique et d'un comité agricole du Pays de Redon en 1967, d'un Sivom de 19 communes en 1969 et de l'Institut d'aménagement de la Vilaine. Tout cela a favorisé l'émergence, en 1969, du Cocapar (Comité de coordination pour l'aménagement du Pays de Redon), premier comité d'expansion rurale en France et première expérimentation des Pays loi Voynet, trente ans avant la lettre.
Quels sont les héritages du Cocapar ?L'action du comité a permis des actions innovantes grâce à la constitution de structures transfrontalières : le Pays touristique en 1970, la Fédé en 1971, le Groupement culturel en 1975 ou la Mutualité des Pays de Vilaine... Mais cela n'a pas débouché sur l'unité administrative, car au début des années 1980, les idées centralisatrices et départementalistes ont repris du poil de la bête en venant à bout du Cocapar.
« Une ville de plus de 50 000 habitants »
Il a fallu attendre 1996 pour voir émerger une communauté de communes dont les compétences se sont élargies. Des raisons d'espérer de nouveau la création d'un grand Redon ?Si l'on veut s' appuyer sur les collectivités locales pour créer une nouvelle dynamique, on ne peut que constater que les aides publiques vont d'abord aux grandes agglomérations, aux métropoles. Face à cette priorité donnée à la concentration, la solution serait, plutôt que de subir, de passer à l'offensive en proposant la création, sur le territoire de la communauté de communes, d'un grand Redon, d'une ville d'un type nouveau, forte de plus de 50 000 habitants. Cela pourrait se faire par la fusion de communes comme Saint-Nicolas-de-Redon et Saint-Jean-la-Poterie avec Redon. La ville pourrait atteindre les 15 000 habitants nécessaires à la transformation de la communauté de communes en communauté d'agglomération et ainsi obtenir plus d'aides.
Sans aller jusque-là, on peut aussi opter dans un premier temps pour une association de communes ?Ce principe permet à chaque commune d'avoir un collège électoral séparé, un maire délégué pour les affaires particulières, une commission consultative, une autonomie de l'état civil, une section du CCAS et une mairie annexe. La commune conserve des prérogatives de proximité, tout en faisant partie d'un ensemble reconnu comme une seule et même ville, car à la ville et à la campagne, les gens ont aujourd'hui les mêmes demandes.
Quels seraient les avantages de ce grand Redon ?De pouvoir discuter, négocier et agir dans de bonnes conditions avec les pouvoirs publics et les acteurs de la couronne urbaine environnante de Rennes, Nantes, Saint-Nazaire, Vannes, voire Châteaubriant et Ploërmel. Tout particulièrement en matière d'infrastructures et de services, de diversification économique, d'enseignement supérieur et de recherche, de transports en commun et d'environnement, d'urbanisme et d'habitat.
Que proposez-vous concrètement pour les mois qui viennent ?Il conviendrait, pendant tout ce prochain mandat, que les délégués à la communauté de communes raisonnent comme s'ils étaient membres d'un conseil d'une telle ville et pensent en permanence à l'intérêt de l'ensemble du territoire communautaire. Il faudrait aussi permettre à la population d'élire au suffrage universel ses représentants sur l'aire communautaire.
Si un jour elle se concrétisait, cette idée serait vraiment pionnière et mettrait Redon sous les feux de l'actualité.Il faut communiquer de façon positive sur le Pays de Redon en avançant des idées nouvelles dans tous les domaines liés à la réorganisation administrative du territoire. Ce type de promotion du Pays aurait en outre comme avantage de trouver un écho régional et national fort, autrement que par les catastrophes et les faits divers.
Recueilli par
Sébastien BRÊTEAU.
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