













Paulette Pierre et Annie Juel, qui vendent des légumes bio, ont découvert leur nouvel étal dans les halles provisoires, hier, après le marché. Alors ? « C'est très bien, spacieux, lumineux ! » Un autre déménagementil y a 25 ans
Alors ? Comment ce déménagement est-il vécu ? « Bien, très bien, sourit Roseline Riaud sur son stand de charcuterie artisanale. Les nouvelles halles sont propres, agréables. » Oui, peu râlent. Certains, comme Alain Bouchet, crêpier, regrettent « qu'on nous fasse déménager une semaine avant la Teillouse, alors que les dates du déménagement ont déjà été reportées plusieurs fois ». Mais dans l'ensemble, tous sont assez confiants : « Les clients vont suivre, n'en démord pas un primeur nantais, au verbe aussi gourmand que ses légumes. Les Redonnais sont la clientèle la plus fidèle que j'ai jamais vue ! »
François Mounier, un producteur de fruits et légumes bio, estime même « qu'il y a des chances qu'on en sorte gagnant. Les anciens comme moi ont déjà connu un déménagement il y a 25 ans. Le théâtre était déjà en travaux et on s'était installé dans des cabines sur le parc Anger. Alors ? ça marchait mieux qu'ici, car il y a des parkings. » Seul bémol selon lui : « Il n'y a pas de bistrot à côté. Et ça, c'est dur pour certains. »
« 250 mètres à piedce n'est pas la mort »
Marcel, horticulteur, est lui satisfait que la question des fleuristes, dans l'expectative un moment, soit enfin réglée : « Finalement, on sera installé à la sortie des nouvelles halles. » Mais il s'inquiète quand même pour le grand marché du lundi : « Il sera séparé en deux. Tous les commerçants extérieurs installés place de la République et sous l'amphithéâtre urbain vont se retrouver loin des halles. » « Eh bien, on marchera, c'est tout ! rétorque Jacqueline, une cliente. 250 mètres en plus, ce n'est pas la mort ! Le problème, c'est qu'aujourd'hui, il y a des gens, s'ils pouvaient rentrer dans les magasins avec leurs voitures, ils le feraient. »
13 h 30, fin du marché. Un huissier passe contrôler toutes les vitrines et remet un certificat de conformité aux commerçants. Dans le bâtiment des nouvelles halles, l'architecte Pierre Chicot vient aussi d'accueillir la commission de sécurité. Il respire : « Tout est en ordre. Maintenant, reste à tout déménager. Ça va être un peu serré question temps. Le frigoriste doit avoir fini le démontage et le remontage des vitrines froides jeudi soir. On lui a dit de commencer en priorité avec les commerçants qui sont là le vendredi. » Bientôt, les premiers viennent jeter un oeil et déposer quelques affaires. Alors ? « Je me demande comment organiser mon nouvel étal, s'interroge Paulette Pierre, marchande de légumes bio. En fait, il faut que j'attende de voir d'où viendra la file d'attente. » Rendez-vous vendredi, donc.
Yann-Armel HUET.