Gheel, la ville des fous




Carlos Nunez, hier soir, sur l'une des quatre scènes, formant une hermine géante de 65 mètres de long, installée sur la pelouse du Stade Rennais. Carlos Nunez connaît la meilleure danse pour draguer. Le flamenco, sans doute ? Non. Le tango ? Pas davantage. Il s'agirait, foi de galicien globe-trotter, de l'an dro, le classique des festoù-noz. « Incroyable ! Du Japon au Maroc, jusqu'en Argentine, cette danse est magique ! » Tous ces pays, Carlos Nunez les visite, au moins une fois l'an. Et on peut en ajouter beaucoup d'autres comme Cuba, où il vient de jouer avec un orchestre symphonique, le Brésil où il prospecte, à la recherche de connexions entre la tradition musicale locale et ses racines celtiques. Carlos Nunez et son groupe sont en tournée quasi-permanente, enchaînent entre 100 et 150 concerts par an.
Reste qu'une escale en Bretagne a, pour lui, une saveur particulière : déjà virtuose de la gaïta (la cornemuse espagnole), chez lui en Galice, à l'âge de 8 ans, le jeune Carlos a eu accès, dès ses 13 ans, à la scène internationale, grâce à Lorient et à son Festival interceltique.
Espace énorme
Jouer dans un stade ne lui fait pas peur. Carlos Nunez a connu les débuts de l'aventure, au Stade de France. « À Rennes, ce sera mieux. Le public est plus proche. » Les ficelles pour capter son attention, il maîtrise. « L'espace est énorme... Même les Rolling Stones ont des scènes bien plus petites. Je peux très bien me retrouver, à la flûte ou à la gaïta, à jouer avec la violoniste, distante de... 50 mètres ! Il faut un gros son et un tempo moyen. Pas trop nerveux, ni trop rapide. Sinon, tout risque de se mélanger dans l'oreille du spectateur qui perçoit la musique avec un retard de quelques secondes. »
Le style, lui, sera, bien sûr, d'inspiration celtique. Mais, la tradition se frottera au classique qui, lui-même, glissera vers le rock, les rythmes latinos ou électroniques. Carlos Nunez n'a pas d'oeillères et s'enrichit au gré de ses rencontres. Ses collaborations avec les Chieftains, Ry Cooder, Compay Segundo, Sinead O'Connor et Roger Hodgson de Supertramp comptent parmi les plus déterminantes. Sans oublier Dan Ar Braz qui l'a embarqué, plusieurs fois, à bord de son Héritage des Celtes.
Demain soir, le Galicien clôturera le spectacle. En douceur, pour commencer, seul à la flûte. « Je vais ensuite profiter de mes retrouvailles avec mes amis bretons. » Sa gaïta accompagnera le chant de Denez Prigent, les riffs de guitares des Écossais de Red Hot Chili « Pipers ». Avant de fusionner, dans le final, avec l'armada des bagadoù et de conclure, accompagnée par tous les danseurs.
Benoit LE BRETON.
Pratique. Nuit interceltique, samedi de 22 h à 1 h, au stade de la route de Lorient à Rennes. Tarifs : de 12 € à 56 €. Renseignements au 0820 00 00 35. À partir de 19 h, plusieurs bagadoù et cercles celtiques du pays de Rennes (150 musiciens et danseurs) feront le spectacle à l'extérieur du stade.