Cow-boys ou Indiens, ils ont choisi leur camp
La tribu est réunie pour entonner les chants traditionnels indiens. Pour Alain (en bas à droite), l'essentiel, c'est de s'amuser comme des enfants.
Au festival West Country, ils portent le Stenson ou des peintures de Sioux. Pour certains, se déguiser est un jeu. Pour d'autres, l'esprit country est une thérapie.
Au coeur du festival West Country, à Bain-de-Bretagne, un campement d'une vingtaine de tipis et tentes de soldats attire les regards. Ici, on joue aux cow-boys et aux Indiens, en costume. Et on se fait la guerre, pour rire.
Parfois, les Indiens enlèvent une Blanche, que les Tuniques bleues doivent s'empresser de délivrer. Tous regardent fièrement le drapeau américain qui flotte au milieu de leur campement, pourtant ils sont venus des quatre coins de la France et même de Belgique. Mais qu'est ce qui pousse ces grands enfants à revêtir l'uniforme du militaire nordiste ou à se couvrir de peinture comme un guerrier Lakota ?
La thérapie West Country
À 63 ans, Alain « coeur de tonnerre », chef de la tribu, assume : « C'est un jeu, je le fais depuis toujours. Ce qui change, c'est que maintenant les gens s'y intéressent. » Ils étaient plusieurs à jouer à l'Indien en solitaire. Désormais réunis au sein d'associations, ils peuvent vivre leur passion au grand jour, entre amis. « Au départ, j'étais seul à m'amuser, aujourd'hui nous sommes toute une bande à retomber en enfance ! » se réjouit le chef, électricien à la retraite.
Son accent belge le trahit, mais le « private » (soldat, en anglais) Mike van Dyck ressent « une fierté à porter l'uniforme nordiste américain, car beaucoup de familles ont souffert de la guerre de Sécession. On ne rigole pas avec ça. » Si ses liens avec la patrie de George Washington sont peu évidents et son excuse un peu bancale, la raison de ce travestissement est plus profonde. « À la maison ou dans mon travail, je suis stressé, sous pression. Dès que j'arrive au camp, je suis un autre et j'oublie tout. »
Entouré de tuniques bleues et d'Indiens, Dominique Cuartero Romero détonne dans son costume écossais de joueur de cornemuse. La raison de son accoutrement ? « Tous les cow-boys et trappeurs ont du sang écossais dans les veines ! » Surtout un prétexte idéal pour pouvoir s'amuser en kilt. Car comme son nom l'indique, il est catalan, et ses ascendances écossaises sont factices : « Même le kilt est made in China ! »
Pour ce Catalan passionné d'équitation, tout a commencé par l'achat d'une toile de tente : « Une association de Western me l'a fournie. Le reste a suivi. » Cela fait deux ans qu'il joue au cow-boy, et il s'essaie depuis peu au port du kilt. Qu'importe le costume, ce qui compte c'est de jouer un rôle, se mettre dans la peau d'un autre. « On retrouve une joie de vivre. Nous sommes plusieurs à être fatigués de cette société qui ne fait jamais de cadeau. Alors, avec mon kilt, je prends une pause. Plus qu'une échappatoire, c'est une thérapie. »
Pierre Guillaume CREIGNOU.
Deux motards sont entrés en collision lors de la parade du festival réunissant 200 Harley Davidson. Les deux motos se sont percutées au niveau de Tresboeuf. Un des motards, président de l'association Les Motards ont du coeur a été gravement touché. Il a été hélitreuillé vers le centre hospitalier de Rennes.
Ouest-France