













Antoine et Geoffrey ont été formés au début de l'été par Benjamin (au centre). Geoffrey et Antoine ont été recrutés cet été pour arracher la jussie à la main, une tâche difficile mais importante pour réguler la prolifération de cette espèce. Ils n'en gardent pas moins le sourire. « C'est une bonne expérience, déclare, un peu essouflé, Geoffrey, mais c'est fatigant. Je ne sais pas si je recommencerai. » Pour leur mission, les deux jeunes hommes en formation dans l'environnement touchent un peu plus de 1 000 € par mois.
Depuis presque 25 ans, la jussie, une plante exotique invasive, se déploye dans les rivières de Bretagne, détruisant par sa prolifération la faune et la flore aquatique. Aucune solution n'existe pour permettre son éradication. Mais des actions d'arrachage mécaniques ou manuelles permettent de réguler sa prolifération. « L'arrachage à la main est efficace sur des zones traitées mécaniquement les années précédentes et est moins onéreux », souligne Benjamin Bottner, technicien des plantes envahissantes à l'Institut d'aménagement de la Vilaine.
Un financement des trois départements
La jussie existe dans de forte proportion sur le bassin de la Vilaine dans le Pays de Redon, notamment du côté de Glénac. Les risques environnementaux engendrés par sa présence sont extrêment importants. « On oublie souvent que la deuxième cause de perte de la biodiversité est la prolifération des espèces envahissantes », continue Benjamin Bottner. Depuis son arrivée, il y a un an et demi, il travaille pour lutter contre ces plaies des rivières qui empêchent les plantes indigènes de se développer. Une tâche qui semble presque irréalisable devant l'ampleur du phénomène et la diversité des espèces qui prolifèrent.
L'IAV souhaite développer cette lutte, et c'est en ce sens que le poste de Bejamin a été créé. De part sa zone de compétence, l'infrastructure publique basée sur Redon est financée par les conseil généraux de Loire-Atlantique, d'Ille-et-Vilaine et du Morbihan.
Actuellement, aucune structure globale n'existe sur la Bretagne pour traiter ce probème récurrent. « Dans les Pays de la Loire, a été créé un comité régional de lutte contre les plantes envahissantes, en Bretagne non. Il faudrait à terme une structure pour se réunir, un lieu, pour éviter que chacun ne soit de son côté », commente le tecnicien. Car s'ils essaient tant bien que mal de s'attaquer à la jussie, également fortement présente dans les étangs d'Apigné notamment, au sud de Rennes, ce n'est pas la seule plante à submerger l'environnement.
Sterenn DUIGOU.