













Comme son concurrent Intermarché, le Leclerc de Saint-Nicolas a vu ses ventes de gilets jaunes et de triangles exploser depuis une semaine. « Beaucoup de gens ne sont pas encore équipés », constate Sébastien Gargonne, responsable du non alimentaire de cette grande surface. Gros rush mercredi
Même constat à l'Intermarché Cap Nord : « On a eu un gros rush mercredi, juste avant que la législation ne rentre en vigueur. En deux jours, plus de 250 kits vendus. Cet été, c'était plus sporadique, car nous n'avions pas toujours les stocks suffisants », précise William Lambert, responsable bazar. Ce problème d'approvisionnement était d'ailleurs général dans toute France. Et c'est pourquoi le ministre de l'Écologie, chargé de la sécurité routière, a repoussé l'application de cette mesure du 1er juillet au 1er octobre.
Du côté des clients, il y a les sceptiques, comme Blandine, 31 ans, qui a acheté son matériel, contrainte et forcée : « De toute façon, en cas d'accident, on ne doit pas penser à prendre son gilet. » Il y a ceux que la mesure excède : « Encore un truc qu'on nous impose ! Payer une amende 135 €, parce qu'on n'a pas de gilet, c'est abuser ! », rouspète Caroline. Il y a ceux qui se content de hausser les épaules. Et il y a ceux qui trouvent le matériel injustement cher.
Tirer les prix, pas facile
À Redon, des kits (gilet plus triangle) homologués sont disponibles à 9,90 € à Intermarché Cap Nord ; 5,50 € ou 10 € « selon la qualité » chez Leclerc à Saint-Nicolas-de-Redon. Vous voulez seulement la chasuble, comptez un peu plus de 2 €. Et 6 € pour un triangle. « Tirer les prix, ce n'est pas facile, assure Sébastien Gargonne. L'approvisionnement est assez cher. Nous, nous ne touchons pas un centime. » Vraiment ? « Absolument. C'est un service qu'on rend. »
En attendant que la mode passe, cet employé de Leclerc ne cesse de rappeler la réglementation auprès de ses clients : « Un gilet rétro-réflechissant et un triangle par voiture. Le premier à portée de main dans l'habitacle. Le second dans le coffre. » Et de prévenir : « La législation devrait évoluer et imposer un gilet par passager. » D'ici là, les Français auront tous l'air d'employés de la DDE. « Ça met du fluo dans la vie », préfère en rire Stéphane.
Yann-Armel HUET.