Dinard clôture son festival de musique en beauté
Kun Woo Paik rend hommage à Olivier Messiaen, demain soir, 20 h, à Dinard. Ce concert exceptionnel clôturera la 19e édition du festival de musique.
Bons Baisers de Moscou s'achève dimanche soir. Le directeur artistique du festival livre ses impressions à la veille du concert exceptionnel qu'il donne.
Kun Woo Paik, vous organisez le festival de musique de Dinard depuis près de vingt ans. Quel bilan tirez-vous de cette 19e édition ?
Je suis très content. Nous attendions cette quinzaine avec impatience. Elle a été à la hauteur de nos espérances. J'espère que le public est conscient de ce qui se passe ici. Ce sont des expériences artistiques et musicales qu'on ne fait pas souvent. Je tiens d'ailleurs à remercier les bénévoles sans qui ce festival n'existerait pas. C'était fabuleux.
Avez-vous eu un coup de coeur ?
Je n'ai pas eu un mais des coups de coeur. Chaque artiste a apporté quelque chose. Ouvrir le festival à quatre pianos était un défi. J'en garde un grand souvenir. Vous savez, le pianiste travaille souvent seul. Alors quand on rassemble quatre solistes sur une scène, c'est une fête. La prestation d'Alexander Lubyantsev a été époustouflante. Le concert des Jeunes Talents nous a offert d'heureuses découvertes. Recevoir le violoniste Vadim Gluzman était un honneur. Je veux souligner la qualité de tous les artistes présents cette année. Ils nous ont fait vibrer.
Vous clôturez le festival par un récital Messiaen. Quelle est la raison de ce choix ?
Nous célébrons, cette année, le centenaire de la naissance d'Olivier Messiaen. J'ai souhaité rendre hommage à un formidable organiste, pianiste et compositeur à la fois. Je l'ai rencontré à l'époque où j'étudiais à New-York. Il venait jouer Vingt Regards sur l'Enfant Jésus. Son concert a été, pour moi, une révélation.
Vous interpréterez cette oeuvre dimanche. Que raconte-t-elle ?
Vingt Regards sur l'Enfant Jésus raconte la foi, l'univers, l'existence, la beauté de la Vierge et de l'Enfant. C'est une oeuvre très biblique. Par ses accords, son harmonie et ses couleurs, elle offre un véritable voyage spirituel. Dans le répertoire du piano, c'est un chef-d'oeuvre absolu.
C'est un défi de jouer Vingt Regards sur l'Enfant Jésus ?
C'est toujours un challenge d'interpréter une oeuvre de cette dimension. Cela nécessite des années de préparation.
Depuis vingt ans, je travaille la partition par morceaux et j'assemble le tout petit à petit. Un concert comme celui-là, c'est très dur physiquement, mais pour le public, l'expérience est assez unique.
Vous repartez à l'étranger pour une série de concerts. Quand vous retrouvera-t-on en France ?
Je serai à Paris, salle Pleyel, le 7 janvier 2009, pour un concert avec l'Orchestre de Paris. Et à Dinard, l'été prochain, sans aucun doute !
Anne-Claire POIGNARD.
Ouest-France