Covoiturage




Jérôme Leroy attaque sa deuxième saison sous le maillot du Stade Rennais. Son expérience européenne (plus de 30 matches en C1, C2 et C3) fait de lui un joueur capital pour assurer une qualification en UEFA, demain, en Ukraine. : David AdemasPRAGUE (de notre envoyé spécial). Jérôme Leroy fait partie de ces joueurs hors du commun, capables de changer la face d'une rencontre sur un exploit technique ou sur la justesse d'une ouverture. Au match aller, le milieu de terrain fut d'ailleurs tout près d'y parvenir à une ou deux reprises. Adepte du marquage individuel, Fomenko, l'entraîneur ukrainien tentera donc de gommer ce danger.
Jérôme Leroy sait donc qu'il devra se faire violence pour passer. Et avec lui, le Stade Rennais tout entier. « Nous sommes encore dans notre phase de préparation. Physiquement, Simferopol est en avance. À l'aller, dès que nous avons un peu baissé le pied, ils ont réussi à prendre l'ascendant. Nous avions fait avec les moyens du bord et la victoire est finalement venue sur un coup de pied arrêté. Alors, on devra encore se faire violence pour aller chercher la qualification. Il faudra avoir les 90 minutes dans les jambes. »
Leroy l'artiste s'apprête à se transformer en valet et en porteur d'eau. Discrètement, comme d'habitude. Ses « flamboyances » n'en sont que plus remarquables. Mercredi à Prague, il n'a joué qu'une mi-temps, histoire d'en conserver sous la semelle. « Le fait d'avoir rencontré une équipe comme le Sparta, qui joue régulièrement la ligue des Champions, nous permet de nous mettre dans le bain et dans le rythme pour le match de samedi. » Un rendez-vous qui n'a presque aucun mystère pour le Rennais. « Comme à l'aller, Simferopol va jouer sur ses qualités. Ce sera à nous d'être très costauds afin de placer des contres et, si possible, de marquer pour calmer rapidement leurs ardeurs. »
Le plaisir de transmettre
A 33 ans, Jérôme Leroy vient de prolonger d'une saison son contrat avec le Stade Rennais. Meilleur passeur du dernier championnat (10 passes), il savoure d'autant plus cette carrière à rallonge qu'il a toujours su conserver ce que beaucoup des siens ont perdu depuis si longtemps : le sens du plaisir. « Pour durer, il faut en prendre », lâche-t-il comme une évidence. Certain qu'un garçon comme lui ne serait plus là depuis des lustres si la compétition ne s'était pas accompagnée, à chaque fois, de ces étincelles qui caractérisent son jeu et enchantent le public.
À Simferopol, Rennes aura encore besoin de ces éclats-là mais Jérôme en mesure l'impact, en bon professionnel. « Pour accomplir ce travail technique, il faut d'abord être au point physiquement. Ensuite, et c'est aussi ce qu'on dit aux enfants des écoles de foot, il y a un dosage à trouver. Un équilibre dans le fait d'oser ou de ne pas oser. On doit mesurer les risques collectifs et savoir s'il faut tenter un geste ou ne pas le tenter. »
Trouver le décalage, passer un ballon, c'est aussi transmettre. Cette saison, Jérôme ira bien plus loin dans l'exercice. Plus encore que l'an passé, il tiendra dans l'effectif rennais un rôle de cadre incontesté. Une mission dont il s'accommode bien tout en plaçant chacun devant ses responsabilités. « L'effectif a rajeuni. Le club joue plus fortement encore cette carte-là. J'apporterai mon expérience pour les aider à avancer vers le plus haut niveau. Ce sera à eux de saisir leur chance. Cette année, il y aura des opportunités. » Transmettre c'est aussi donner l'envie d'avancer.
Philippe PÉRON.