Football : Rennes n'a pas joué un vrai match de coupe d'Europe
Bruno Cheyrou, ici aux prises avec le Ghanéen Anthony Annan, a évolué, comme l'ensemble de ses partenaires, à un niveau un peu en dessous de celui affiché face à Marseille, samedi dernier. Photo : Philippe Chérel
Coupe de l'UEFA (2e tour qualificatif). Stabaek - Rennes : 2-1. Le manque d'engagement ressenti contre les Norvégiens tranchait avec la fougue affichée contre Marseille.
BEKKESTUA (de notre envoyé spécial). « Ce soir, on n'a pas fait un match de coupe d'Europe. » Le constat de Guy Lacombe résumait à lui seul la soirée des Bretons dans l'antique et charmant Nadderud stadion de Bekkestua.
Bon, d'accord, il ne s'agissait que d'un tour préliminaire. D'accord, le nom de l'adversaire n'avait, a priori, pas de quoi faire trembler de peur. D'accord, le cadre bucolique et l'ambiance informelle de la rencontre pouvait donner l'impression qu'il allait s'agir du sixième match de préparation sur le terrain de Guichen ou de Carnac-Plage. Pourtant il s'agissait bien d'un match de coupe d'Europe. Pas la plus prestigieuse, certes, mais la seule à laquelle le Stade Rennais peut de toute façon prétendre, à l'heure actuelle. Alors quitte à y aller, autant la prendre la chose au sérieux. « Je pense que l'on n'a pas respecté l'adversaire, jugeait l'entraîneur rennais, juste après la rencontre. Or, il faut respecter son adversaire, surtout quand il est premier de son championnat, et quand on a vu des images - car les joueurs en ont vu - d'une équipe joueuse et excellente. »
En fait, les Rennais ont abordé le match, jeudi soir en Norvège, comme ils l'ont souvent fait, lors de leurs deux dernières campagnes de Coupe de l'UEFA. Comme à Bucarest, Salonique, Sofia, Bâle ou Hambourg. Comme contre Donetsk, Stuttgart, Sofia... Ces soirs-là non plus, les Bretons n'avaient pas donné l'impression d'en mesurer l'enjeu, ni de rentrer dans la partie avec l'envie collective de bousculer l'adversaire, de lui prouver son nouveau statut. Un match de coupe d'Europe, ça devrait ressembler à celui joué contre Marseille samedi dernier... en championnat.
C'est un peu ce qu'ont réalisé les coéquipiers de Pontus Farnerud. Ils sont rentrés droit dans le sujet, sans complexes. Ils ont appliqué leurs recettes de jeu collectif. Et finalement laissé comprendre qu'ils mesuraient bien leur chance d'être là. De donner à leur club autre chose que le modeste écho qu'offre la Tippeligaen sur la scène européenne. Et ils ont eu raison.
« Trop d'à peu près »
Mais le manque d'engagement et d'envie, constaté par l'entraîneur rennais, ne sont pas les seules défaillances de la machine rouge et noire. « Je suis un peu surpris que l'on ait fait autant d'erreurs individuelles. Il y a eu trop d'à peu près, trop de pertes de balles. »
Guy Lacombe ne pointera personne du doigt. Du moins en public. Les défaillances concernent tous les secteurs du jeu. Il n'empêche, sa défense, centrale en particulier, ne dégage pas une impression foudroyante de sérénité. Certes Hansson est puissant et volontaire. Mais quand le jeu s'anime dans sa zone, il est vite en difficulté. Et que dire de Carlos Bocanegra, le nouveau venu ! Comme contre Marseille, l'Américain a souvent pris l'eau de toute part, couru à contre-sens et bafouillé ses relances. Il reste à espérer que son recrutement n'ait pas seulement été motivé par le fait « qu'il était libre », comme on a pu l'entendre.
Quant à l'absence d'un vrai latéral gauche de métier, elle pèse de plus en plus sur l'organisation de l'équipe. « Le problème en défense, c'est que l'arrivée des joueurs en fin de préparation, ou non qualifiés, rend très difficile le travail des automatismes, préfère analyser Guy Lacombe. Et c'est notre problème depuis la reprise. On va essayer de colmater ça. Avec un peu de solidarité de la part de tous et de volonté de progresser ensemble, la défense tiendra le coup. »
Jacques GUYADER.
Ouest-France