Gheel, la ville des fous




En novembre dernier, les parents d'élèves redonnais avaient déjà dû faire face à des grèves et à des écoles fermées. Ici, des enfants et des mamans à l'école Jacques-Prévert. Le service minimum d'accueil que le ministre de l'Éducation demande aux communes d'organiser pour les écoliers de maternelle et de primaire publiques, Vincent Bourguet, le maire de Redon, y est « favorable », mais pas à n'importe quelle condition.
Si une partie des enseignants seulement fait grève, les enseignants présents s'organisent pour assurer l'accueil. Mais si la totalité des enseignants fait grève ? « Le personnel de service assure l'accueil et explique aux parents que l'enfant ne peut rester, indique le maire, mais l'école est fermée. » C'est là que la question d'un accueil minimum et de son éventuelle organisation se pose. Vincent Bourguet y voit trois obstacles « pratico-pratiques » différents.
Trois problèmes à résoudre
Le premier est d'ordre financier. « Pour organiser un accueil et un service qui sont de son ressort, l'État veut s'appuyer sur les collectivités. Mais pour le remboursement des sommes à engager pour organiser ce service, les propositions me semblent insuffisantes. » Ensuite, le maire se pose la question de la responsabilité vis-à-vis des familles. « Dans le cas d'une grève totale, les élèves seraient sous la responsabilité directe du maire ».
Enfin se pose la question des moyens humains pour encadrer les enfants durant toute une journée de grève. Vincent Bourguet refuserait de s'engager à mettre en place un service d'accueil minimum lors d'une grève simultanée de l'Éducation nationale et des personnels des collectivités locales. Ce qui sera le cas après-demain : « Je ne peux rien organiser si je ne sais pas de qui je vais disposer et combien d'enfants on aura ».
S'il est d'accord sur « le service à rendre », il ne bougera pas « tant que tous ces points n'auront pas été éclaircis ». Si elles ont été prévenues à temps, les familles se seront organisées avec les moyens du bord pour la journée de jeudi. « Allô Tata, allô Mamie ? »
Sébastien BRÊTEAU.