









Un peu après 10 h, la procession arrive à la chapelle Saint Melaine. « C'est important ce Pardon ? », demande-t-on à une dame. « Oh oui, Saint Melaine est notre Saint... Et puis il est natif de chez nous, de Brain ! » Annie Lollivier, la présidente de l'association Saint Melaine, organisatrice de l'événement, explique de son côté : « Le Pardon, c'est le lieu saint, la chrétienté, le fait de se retrouver dans un lieu paisible où faire une messe extérieure. »
En fait, peu savent définir le Pardon. Où même dire exactement qui était Saint Melaine. Peu importe ! Ils accomplissent cette forme de pèlerinage typiquement bretonne, se rendant tous dans cette chapelle dédiée à Saint Melaine, sans se poser de question. « Des Pardons, j'en ai présidé peut-être des centaines, glisse Monseigneur Guillon. Chacun est différent. C'est un rappel de notre baptême. Nous demandons au Seigneur de purifier notre coeur, afin d'être plus en accord avec lui. »
De son côté, le père Cheval, un autre prêtre, confie : « Les gens y tiennent à leur Pardon. Il y a toujours une chapelle dans les campagnes qui est très bien entretenue et où se retrouver une fois l'an. Saint Melaine est particulièrement important, car il est le patron du diocèse de Rennes. »
Saint Melaine a en effet été évêque de Rennes à partir de 505. Né autour de 456 à Platz (ou Plets), actuel Brain-sur-Vilaine ou plus précisément La Chapelle-de-Brain, il serait mort vers 530, après avoir notamment été conseiller de Clovis. Selon certains écrits, c'était un personnage tout à la fois civilisateur, politique et populaire, célèbre en partie grâce aux miracles qui se seraient produits après sa mort, pendant que son corps était transporté en barque sur la Vilaine jusqu'à Rennes.
Bref, Saint Melaine vaut bien un Pardon. Et une fête. Une fois l'absolution accordée par l'ancien évêque, environ 150 paroissiens ont ainsi partagé un repas et participé aux différentes animations : tombola, pêche à la ligne... Tel est en effet l'usage : pas de vrai Pardon sans dimension festive. « Les bénéfices nous servent à restaurer la chapelle ou la croix du cimetière », précise Annie Lollivier.