Fin mars, les élus étaient très nombreux, écharpe tricolore en bandoulière, à manifester dans le hall de l'hôpital pour refuser, sans doute tardivement, la fermeture du service de psychiatrie. Une sorte de reconnaissance du combat mené depuis deux ans par le comité d'action et de promotion animée par des usagers et leur président Jean-François Guérin. Une mobilisation commencée en fait en 1994 autour de l'hôpital pôle d'équilibre et du scanner obtenu l'année suivante.
« À cette époque, se souvient Jean-François Guérin,
il y avait eu un front commun de l'hôpital, des élus, des syndicats et de la population. Ce qui n'est plus le cas ces derniers temps. »Six semaines après la dernière manifestation, parmi la soixante de participants à l'assemblée générale du comité, hier soir, il n'y avait qu'une petite poignée d'élus seulement pour suivre les derniers développements de l'actualité sanitaire à Redon.
Un taux de fuite important
Chirurgie. Si le sort de la psychiatrie semble scellé, le communiqué de l'ARH (agence régionale d'hospitalisation) garantissant la pérennité de la chirurgie n'est pas pris pour argent comptant par le comité d'action.
« Il est très difficile d'avoir des chiffres pour 2006 et 2007, lance Jean-François Guérin.
Selon les sources, cela varie d'un peu plus de 2 000 à plus de 2 700 actes chirurgicaux. » En 2005, le rapport Vallencien préconisait de fermer les services effectuant moins de 2 000 actes.
Aujourd'hui, le rapport Larcher monte le chiffre à 4 000.
« Comment croire que ce service majeur est sauvé alors qu'on lui en demande toujours plus ? » Pour augmenter le nombre d'opérations, Jean-François Guérin évoque deux pistes.
« Sur 100 habitants du Pays de Redon subissant une opération en orthopédie, chirurgie digestive, stomatologie ou gynécologie, environ trente seulement se font opérer à Redon. » Cela s'appelle le taux de fuite. «
Il faut donc convaincre médecins et patients de la qualité de notre hôpital qui n'a ni plus ni moins de problèmes qu'un autre. » Autre solution, lancer la chirurgie ophtalmologique qui a concerné plus de mille personnes l'an passé. Des contacts sont en cours entre des élus et des praticiens.
Maternité. Depuis plusieurs années, l'hôpital enregistre entre 750 et 800 naissances annuelles. Est-elle sûre de son avenir, s'interroge encore Jean-François Guérin,
« quand on sait que la maternité va de paire avec la chirurgie » ?Distances. Pour défendre un service de santé de proximité, le comité d'action évoque la santé économique du Pays :
« Nous avons beaucoup d'intérimaires, de précaires et la moitié de nos retraités touchent moins de 800 € par mois. Aller en consultation ou rendre visite à Rennes ou à Nantes, cela a un coût. »80 % d'usagers satisfaits
Médecins. Pour convaincre des médecins de venir exercer à l'hôpital de Redon, le comité d'action souhaite la mobilisation, la communication et l'anticipation :
« Pour la psychiatrie, on savait que les deux médecins étaient là pour cinq ans. Et on nous a mis devant le fait accompli. »Satisfaction. Comme l'hôpital a la sienne, le comité d'action a fait réaliser par des étudiantes en BTS à Beaumont son enquête de satisfaction auprès de 200 personnes. Suivant les questions, le taux de satisfaction tourne autour de 80 %
« sauf pour le stationnement, le vrai gros point noir de l'hôpital ».Projets. Dans les mois qui viennent, le comité d'action veut poursuivre l'animation de la cellule de veille et de prospective créée récemment. Une campagne d'affichage va être lancée pour faire connaître l'hôpital. Le lancement d'un blog est également en projet.
Sébastien BRÊTEAU.
++ Et vous, qu'en pensez-vous ? Donnez votre avis !