Covoiturage




Cette photo de Vincent Brugaro a été récemment primée dans un concours. : Vincent BrugaroFrédéric, 44 ans, faisait déjà du surf, du dériveur et de l'habitable. Après 8 heures de stage, il s'évalue : « Je sors de l'eau, je tire des bords, mais je ne maîtrise pas encore le petit geste technique du virement (il ne faut pas perdre de vitesse). Ce n'est pas très difficile, mais on boit un peu la tasse quand il y a des vagues, et au bout de 3 heures, on est quand même bien rincés ! »
Il est enthousiaste : « C'est totalement différent. Au lieu de lutter contre la gîte et le chavirage, on a l'impression très sympa d'être aspiré par le ciel. Mais il faut faire gaffe au vent qui tourne ou à l'approche des grains. » C'est décidé, il termine son apprentissage et s'équipe.
Plus vite, plus haut
Manu, prof de kite depuis trois ans, confirme que la perception météo est la seule notion difficile à maîtriser en quatre séances de trois heures, car c'est une question d'expérience. À part cela, il observe : « En planche, ce sont des habitués. L'apprentissage est plus rapide en kite. »
Ce que confirment Nausicaa et Action Fun, magasins spécialisés situés de part et d'autre de la Rance. « En planche, il faut une bonne année avant de se faire plaisir. Avant, il faut en bouffer pour maîtriser le harnais, les footstraps, et le waterstart. En plus, il y a l'attrait de la fréquence de navigation (la planche exige un peu plus de vent), le faible encombrement (un sac à dos pour l'aile et un flotteur de 3 ou 4 kg et 1,30 m). »
Les footstraps sont des cale-pieds, le harnais permet de se suspendre au wishbone (qui tient la voile perpendiculairement au mat) pour soulager les bras. Le waterstart permet de sortir la voile de l'eau sans être debout sur la planche.
Effet de mode ?
Autre avantage, « c'est moins physique : les bras dirigent seulement l'aile, la puissance passant par le harnais. Avec une seule aile de 12 m2 on navigue de 12 à 25 noeuds de vent, avec des profils plus plats, donc de la sécurité et du contrôle. » Sans doute y a-t-il aussi un effet de mode qui attire pas mal de jeunes dans les nouveaux pratiquants.
Sur le plan d'eau clapoteux de Saint-Malo, le kite semble l'emporter nettement sur la planche. On y est limité par la marée, et le meilleur spot de repli se trouve autrement à Hirel à marée haute. En revanche, on peut naviguer sans limitation de temps à Lancieux où, de surcroît, l'on a pied loin du bord. Mais selon le magasin de La Richardais, contrairement à celui de Saint-Malo, on n'observe pas la même érosion de la planche, ni même d'abandon lorsque des funboarders se mettent au kite. Ils jouent la complémentarité avec le vent fort en planche, et médium en kite.
Gérard LEBAILLY.
Pratique. Deux écoles proposent des forfaits, autour de 30 € de l'heure. Il y a Easyride sur « www.ecolekitesurf.com » avec Manu au 06 80 21 22 88. Et Sensations kite sur « www.sensationskite.com », avec Gaétan au 06 08 94 70 89. Originalité : un simulateur pour les jours sans vent. D'autres informations sur le site internet www.emeraudekite.com