Psychiatrie : l'hôpital a trois mois de délai
La semaine dernière, une banderole déployée dans le hall de l'hôpital s'inquiétait pour l'avenir en se demandant si la fermeture de la psychiatrie ne marquait pas « le début de la fin ».
C'est hier, en fin d'après-midi, que l'agence régionale hospitalière a annoncé un léger sursis à la fermeture du service de psychiatrie. L'hôpital espère encore mais doit aussi consolider les autres services.
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La mobilisation générale n'a-t-elle pas trop tardé face aux problèmes rencontrés par le service de psychiatrie ? L'hôpital n'a-t-il pas suffisamment anticipé le départ de deux psychiatres ? Ou Redon n'est-elle qu'une petite ville comme bien d'autres, victime de mesures d'économie et de la désertification médicale ?
Toujours est-il que la nouvelle est tombée hier, en provenance de l'agence régionale hospitalière (ARH) (lire page 6). Faute de psychiatres en nombre suffisant, l'ARH a décidé de fermer le service et ses 25 lits. En contrepartie, trois lits de crise aux urgences seront créés et l'hôpital de jour renforcé. La décision de fermeture ne sera effective qu'au mois de juillet. Un sursis bien maigre...
Quelques jours après la visite mouvementée d'Antoine Perrin, le directeur de l'ARH qui devrait revenir à Redon courant mai, (lire O-F du 29 mars), le conseil d'administration de l'hôpital et son président, Vincent Bourguet, maire de Redon, se sont réunis lundi après-midi. Un texte semblable à celui rédigé par les maires du Pays de Redon la semaine dernière a été signé.
Le conseil d'administration, qui rappelle « son soutien au personnel du service de psychiatrie », regrette « que la démographie médicale aboutisse à mettre en cause une organisation de qualité ». Il demande « le maintien des 25 lits d'hospitalisation complète de psychiatrie de Lanrua afin de continuer d'offrir sur place un service de proximité ». Pour préparer l'avenir, le conseil d'administration souhaite « un délai de six mois afin que toutes les voies possibles soient explorées pour le recrutement de praticiens hospitaliers en psychiatrie ».
Cinq postes jamais tous pourvus
Dans ce but, une cellule de veille va être mise en place. Mais quelle sera sa méthode de travail ? Car il faut faire vite. La direction de l'hôpital, les salariés, les élus, le comité d'action et les familles vont se réunir mardi 8 avril pour en parler. « Ça va demander des moyens financiers et humains, estimeJean-François Guérin, le président du comité d'action et de promotion de l'hôpital, pour qui « il n'est pas encore totalement exclu qu'un psychiatre puisse venir à Redon dans les prochains mois ». Une information que confirme le directeur de l'hôpital, Michel Deshayes : « Il vient régulièrement faire des remplacements et souhaite quitter la région parisienne. Mais pour le retenir, il faut des conditions de travail et de rémunération qui correspondent à ses souhaits ».
Et les autres services ?
Mais il y a aussi le réalisme. L'hôpital n'a jamais réussi à pourvoir les cinq postes de praticiens du service de psychiatrie. « Pour des gardes de semaine et de week-end qui ne reviennent pas trop souvent, ce serait un chiffre minimum », poursuit Michel Deshayes, qui n'a plus aujourd'hui « que deux praticiens et quelques autres qui viennent en intérim ».
Et les autres services ? La maternité, la chirurgie que l'on dit tout juste au seuil d'opérations requis ? Jean-François Guérin se souvient du combat de tout le Pays qui a permis, naguère, d'obtenir des arrêts TGV à Redon. « Cela a porté ses fruits et plus personne ne le remet en cause. » Il espère que la mobilisation pour la psychiatrie, même si elle est tardive, « sera utile pour l'avenir ». Car la pyramide des âges des médecins n'est pas très favorable dans certains services. La question va bientôt se poser ailleurs dans l'hôpital de Redon.
Sébastien BRÊTEAU.
Ouest-France