









François Gabart : « J'aime la Bretagne. C'est une fierté de représenter cette terre de marins, mais c'est aussi une responsabilité. » : Bertrand DuquenneFrançois Gabart, un Charentais qui porte les couleurs de la région Bretagne, ça ne vous gêne pas ?
Pas du tout. C'est quoi être Breton, au juste ? (rires). Je suis Charentais d'origine, mais ça fait dix ans que je suis parti de la maison. Depuis, j'ai vécu à Nice, Lyon, Paris. Maintenant, je suis en Bretagne. Je ne suis pas attaché à un endroit particulier, mais j'aime la Bretagne. C'est une fierté de représenter cette terre de marins, mais c'est aussi une responsabilité. Au départ, la Région souhaitait promouvoir un jeune Breton. Mais Christian Le Pape, le directeur du pôle Course au large de Port-la-Forêt et responsable du projet Espoir Région Bretagne, n'était pas de cet avis. Pour lui, la Bretagne, temple de la course au large, se doit d'accueillir les gens qui ambitionnent de devenir marin, quelle que soit leur origine.
C'est donc vous qui avez été retenu, à l'issue d'une sélection particulièrement difficile...
Difficile de faire plus serré, en effet. Après la finale, nous étions trois ex-aequo en points. Avant la dernière manche, Damien Cloarec était en tête, et il finit à un point de nous. Fabien Delahaye termine 5e, mais à seulement deux points. Et toutes les manches se sont jouées à une longueur de bateau. À l'arrivée, c'est Adrien Hardy qui a été retenu. Je suis rentré à la maison en pleurant. Mais deux jours plus tard, Adrien se désistait (NDLR : Hardy ayant trouvé un sponsor) et j'apprenais ma sélection. Ce jour-là, j'ai vécu une belle émotion.
Depuis ce jour, près de quatre mois se sont écoulés. Un peu court pour préparer une première Figaro...
Cette période a été bien remplie. Il a fallu d'abord bricoler, ce que tous les autres concurrents ont fait durant la période hivernale. Et puis, ensuite, il a fallu se qualifier.
Quel bilan tirez-vous de ces premières navigations ?
C'est plutôt positif. J'ai pris confiance en moi, notamment sur ma capacité à faire avancer le bateau. Je crois que je suis de ceux qui avaient le plus besoin d'emmagasiner un peu d'expérience avant de prendre le départ de cette Solitaire. À titre d'exemple, je n'ai passé jusqu'ici que deux nuits consécutives en mer.
Ça ne vous effraie pas d'avoir presque tout à découvrir de la course au large avant de prendre le départ d'une épreuve aussi relevée ?
Pas du tout. Depuis que j'ai arrêté la voile olympique, je veux faire du large. J'ai fait beaucoup de régates au contact, maintenant je veux voir plus loin : enchaîner les nuits, savoir si je peux être performant au bout de 4 ou 6 jours en mer. J'attends ça depuis longtemps.
En terme de résultat, quel sera votre objectif ?
Au classement général, je ne me fixe aucun objectif. Sur trois semaines de course, il est évident que les bons seront devant. Mais, sur les trois étapes, j'aimerais en faire une belle. Là, je vais découvrir la course, il y aura donc des erreurs. Ça fait partie du jeu.
Et le classement bizuth ?
C'est une chance que ce classement existe. On est onze à pouvoir espérer un podium ou une première place.
Recueilli par
Renaud PELARD.
François Gabart (Espoir Region Bretagne) en bref... 25 ans, célibataire, vit à la Forêt-Fouesnant. Palmarès : 2e Cap Istanbul 2007, vainqueur du classement étudiant du Tour de France 2007 et 2005, préparation olympique Tornado 2004, champion du monde jeune de Tornado. 1re participation à la Solitaire du Figaro.