Covoiturage




Le jeu des lumières et les décors participent à l'atmosphère déroutant du spectacle. Mais qui sont les fous ?
À Gheel, on accueille les fous, enfin les « hôtes », préfèrent dire les habitants qui, au fil des saisons, brouillent les pistes. La rumeur, la vie rude du village et l'isolement participent à un effet de miroir inversé. Les saints deviennent peu à peu les fous, alors que les fous récupèrent certaines facultés et organisent même leur résistance... Une histoire de fous dans laquelle il est difficile, parfois, de ne pas perdre la raison. Mais là encore, le jeu des acteurs et leur simplicité nous raccroche à la carriole théâtrale. Et dire que ce sont des amateurs... Il y a de quoi donner des envies à n'importe lequel d'entre nous d'aller brûler les planches dans la carrière du Bellion.
Sous le ciel étoilé, le décor évolue, les maisons s'ouvrent tels des légos pour nous faire découvrir leurs intérieurs...on y entrevoit ainsi l'âme des personnages. Par quel miracle ? Celui du narrateur, pièce maîtresse de l'oeuvre théâtrale qui s'insinue, fouille, commente, révèle. On sent bien que quelque chose l'anime, il est même le plus mystérieux personnage tant par son ambiguité qui nous interpelle. Et finalement, c'est presque bêtement que l'on découvre la symbolique qu'il incarne. Quelques minutes à peine avant que les lumières de la carrière ne s'éteignent signifiant la fin de la pièce, celui-ci apparaît avec une paire d'ailes. « L'ange de théâtre », crie Himmer, à l'article de la mort et empreint à la folie. L'ange qui se fait symboliquement une place sur l'épaule de chaque être.
Pratique. Gheel, la ville des fous, à Fégréac, carrière du Bellion, du 23 juillet au 9 août, du mercredi au samedi, à 22 h, durée 2 h 45 avec entracte.
Tarifs : 10 € à 17 €. Restauration sur place dès 20 h.
Elodie ROBIN.