Covoiturage




Une cinquantaine de salariés a débrayé hier. Au premier plan, avec des tee-shirts portant des numérosune partie des 37 salariés dont les postes ont été supprimés. La raison : « Le projet de base établi par le groupe était trop ambitieux. Nous avons manqué de temps et de moyens pour tenir les délais. Un flop... » Et si l'ingénieur ne remet pas vraiment en cause la fermeture de cette unité, il en va autrement du sort de ses 37 salariés. « Tout ce que l'on sait, c'est que la direction ne propose que 15 reclassements. Quant à ceux qui ne seront pas reclassés : nous n'en savons rien. » Une pesante incertitude.
Idem pour Anne, 27 ans. « Nous n'avons aucune vision de ce qui nous attend. On vient travailler mais nous n'avons plus de travail. » Un paradoxe très inconfortable. « J'ai des compétences dans le software (logiciel) et je sais que les 15 reclassements proposés concerneraient le software. » Peut-être une chance d'être reclassée mais ça ne l'empêche pas de manifester avec ses collègues ce mardi matin. Un nouveau débrayage, et pas le dernier. Mardi prochain, ils débrayeront de nouveau.
Secrétaire au comité d'entreprise, David Barré, dénonce « une politique scandaleuse. Ce mardi, la direction a demandé au comité d'entreprise exceptionnel de se prononcer sur le reclassement des salariés. Mais nous avons refusé car nous ne disposons pas de tous les renseignements sur le sort des salariés. » Là encore, la même question. Si 15 salariés sont reclassés, que vont devenir les 22 autres ? Licenciés ?
Un climat social dégradé également par la procédure de licenciement concernant un autre salarié de Thomson et les difficultés à grappiller des augmentations. « La mobilisation s'amplifie, assure David Barré. On voit aujourd'hui se mobiliser des salariés que l'on n'avait pas l'habitude de voir débrayer. » Un signe.
Contactée hier, la direction s'est refusée à tout commentaire.
Samuel NOHRA.